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Exposition aux biocides



Comme pour d’autres substances chimiques, il est indispensable de se poser la question des effets néfastes susceptibles d’être induits par une exposition aux pesticides.

On a cherché à limiter l’exposition de la population aux pesticides. Ainsi, la commercialisation d’une nouvelle substance est désormais soumise à une procédure rigoureuse d’homologation, qui évalue les risques pour l’environnement et la santé humaine en fonction des bénéfices du nouveau produit. Plusieurs dizaines de produits sont ainsi homologués chaque année et, parallèlement, des molécules sont régulièrement retirées du marché. Malgré ces précautions, l’exposition humaine à ces substances est aujourd’hui réelle : ainsi, une étude conduite aux Etats Unis [1]. montre que des résidus de pesticides sont retrouvés dans le sang, les urines, les tissus adipeux, certains organes et même le lait maternel [2] .

L’exposition aux pesticides se caractérise par une multiplicité des voies d’exposition. En effet ces substances peuvent pénétrer dans l’organisme par contact cutané, par ingestion et par inhalation. On distingue généralement deux types d’exposition :

  • Les expositions primaires : les populations concernées sont bien évidemment les agriculteurs et les professionnels mais tout un chacun est également exposé lors de l’utilisation de produits à usages domestiques ou d’entretien des jardins. Rappelons que les pesticides doivent être stockés sous clef, dans un endroit frais, sec et bien ventilé de préférence à l’extérieur des habitations.
  • Les expositions secondaires : elles concernent l’ensemble de la population, qui est exposée aux résidus de l’usage de ces produits, au travers de son alimentation et de son environnement. Les données de surveillance des milieux dont on dispose aujourd’hui concernent principalement l’eau et les denrées alimentaires.

Quelques populations ont été identifiées comme particulièrement à risque. Il s’agit de la femme enceinte exposée aux pesticides, l’enfant qu’elle porte est, lui aussi, exposé avant même sa naissance. Le bébé peût également être en contact avec des pesticides persistants et bio-accumulables par le lait maternel. D’où la nécessité de protéger la femme enceinte et la mère allaitante contre une exposition à ces contaminants. De même, le jeune enfant est toujours attiré par son environnement immédiat. Il joue volontiers par terre et a tendance à mettre des choses dans sa bouche. Il risque donc d’absorber des doses non négligeables de pesticides provenant du sol, de la poussière ou de divers objets contaminés qu’on trouve en milieu rural, mais aussi urbain, à la maison ou au jardin.

Exposition chronique

La toxicité à doses répétées d’une substance chimique est évaluée par expérimentation sur des animaux de laboratoire (on parle de tests in-vivo). Au terme de ces études, une dose sans effet observable (NOAEL) peut être fixée. Elle correspond à la dose maximale n’entraînant pas d’effet adverse statistiquement significatif par rapport au groupe témoin chez les espèces testées (au moins deux mammifères). Afin de transposer ces valeurs à l’homme, des facteurs de sécurité sont appliqués aux valeurs obtenues expérimentalement, en divisant la NOAEL, selon le cgs, par 1 ou plusieurs facteurs 10.
Pour les effets très sévères (par exemple, les risques de cancers) on applique un facteur pouvant aller jusqu’à 1000. L’ensemble des tests réalisés permet de fixer la Dose Journalière Admissible ou Acceptable (DJA) qui indique la quantité de produit qu’un être humain peut ingérer quotidiennement pendant sa vie entière sans danger pour sa santé.

Depuis près de trente ans, les maladies potentiellement liées aux expositions à long terme aux pesticides sont essentiellement étudiées dans les populations professionnellement exposées. La détermination des impacts des pesticides sur la santé repose sur la mise en évidence d’effets chez les personnes exposées par rapport à des personnes non exposées (on parle d’approche épidémiologique). La plupart des connaissances épidémiologiques sont donc issues de comparaisons entre les agriculteurs et les autres catégories socio-professionnelles. Les travaux les plus nombreux concernent les cancers, mais les épidémiologistes travaillent également sur des liens possibles entre les pesticides et les troubles de la reproduction ou entre les pesticides et les troubles neurologiques. Il existe peu de publications françaises ou européennes sur le sujet, les principaux travaux ayant été conduits en Amérique du Nord. Toutefois, depuis quelques années, des études de ce type ce sont mises en place en France et devraient permettre d’améliorer notre connaissance sur les effets retardés dus à une exposition aux pesticides.

Le fait de s’intéresser à des tranches actives de la population concerne des personnes dans la force de l’âge et, on l’espère, en bonne santé. Les études ne considèrent généralement pas la question des groupes à risque et l’effet de petites doses quotidiennes, ni de la problématique de l’effet cocktail, des synergies entre polluants, des produits de dégradation... On le voit, il est complexe lorsque l’on sort d’un contexte structuré et organisé comme celui du travail de faire des corrélations entre l’exposition à des polluants et l’apparition d’une pathologie.

Voir aussi :
Toxicité des biocides
Pesticides et biocides
Les biocides et la santé
Biocides, que faire au quotidien ?




[1]Sources :Third National Report on Human Exposure to Environmental Chemicals, Department of Health and Human Services, Center of Disease Control and Prévention, Atlanta, USA. Juillet 2005.

[2]Une enquête régulière est menée par certains pays à l’instigation de l’OMS. La dernière en date, 2004 en Belgique, montraient que de nombreux pesticides avaient disparu des échantillons testés mais pas tous. Enquête du Nehap sur le lait maternel

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